Si un mot devait résumer le marché du cloud à l'aube de cette nouvelle année, ce pourrait bien être hybride. Il était déjà à la mode chez les fournisseurs l'année dernière.

En 2013, VMware a lancé son service hybride vCloud. De leur coté, Rackspace, Microsoft, HP et Joyent n'ont cessé de vanter les mérites du cloud hybride qui permet aux entreprises d'organiser et de gérer avec un maximum de transparence une expérience entre clouds public et privée. L'année qui commence semble partir sur la même lancée.


Il y a d'ailleurs une bonne raison pour expliquer cet engouement autour de l'hybride. Le cloud en est encore à ses balbutiements et les entreprises ne sont pas encore prêtent à externaliser l'ensemble de leurs opérations informatiques dans des infrastructures publiques, expliquent les experts. Toutefois, beaucoup sont également intéressés par les avantages que peut apporter le cloud comme pour la souplesse de la virtualisation ou le stockage à la carte. Si le tout public fait encore peur aux entreprises, elles souhaitent quand même adopter une sorte de cloud et finissent par se tourner vers un déploiement hybride.
Si aujourd'hui, une entreprise n'a pas de cloud hybride, le Gartner estime qu'elle en aura probablement un à l'avenir. Le cabinet d'étude explique que ce marché en est au stade ou était celui du cloud privé il y a trois ans. En 2017, le Gartner estime que la moitié des entreprises lambda seront équipées de cloud hybride, qu'il définit comme l'utilisation combinée des ressources de clouds internes et externes. Il est donc judicieux de se demander ce qui retient encore les entreprises.


Les directions métiers doivent passer par les DSI
« Un des obstacle les plus courants sont les métiers qui contournent les services IT pour bénéficier du cloud public », déclare John Humphreys, directeur des ventes chez Egenera, une société de conseil basé dans la région de Boston. Ce problème fait surface car les différentes directions sont impatientes d'obtenir les avantages du cloud : elles veulent un accès facile aux machines virtuelles ou aux ressources de stockage sans avoir à attendre que la DSI soit en mesure de les faire tourner.
Le fait que les directions métiers veulent les contourner peut décourager les managers IT mais John Humphreys estime que cela prouve leur engouement pour ce type de solutions. Les DSI vont avoir l'opportunité de devenir des fournisseurs de services internes pour ces directions. Plutôt que de contourner les services IT, elles pourront utiliser leurs ressources pour accéder aux fonctionnalités du cloud. « La grande question est de savoir comment faire en sorte qu'elles passent par nous plutôt qu'elles nous contournent », lâche les DSI.


Donc la demande est bien là, reste à savoir pourquoi l'adoption n'est pas aussi forte qu'elle le devrait. Pour Bill Cantrill, directeur de l'ingénierie chez Joyent, c'est parce que les infrastructures proposées par les fournisseurs sont encore en développement.


Des plates-formes de cloud hybride uniformes et matures
Les plates-formes des divers fournisseurs sont encore au premier stade. VMware n'a sorti sa première offre de cloud hybride qu'à l'automne dernier. Si Microsoft l'a sorti depuis plus longtemps, celle de Rackspace est encore en plein développement sous OpenStack. Du coté de Joyent, l'offre hybride est basée sur SmartOS, un système d'exploitation développé en interne, dans un premier temps, pour gérer son cloud public. Depuis, sa plateforme de cloud privée SmartDataCenter est elle aussi basée sur cette solution.


« Nous avons une quantité surprenante de cloud hybride », déclare Bill Cantrill. « Quand nous vendons du cloud privé, il existe presque toujours une composante de cloud public. L'avantage d'avoir l'ensembles des offres basées sur la même plate-forme est qu'elles peuvent facilement évoluer entre public et privée », explique-t-il. Les applications des entreprises doivent tourner quelque soit le système et pas seulement avec celui fourni par la DSI. Si elles sont très dynamiques avec des besoins aléatoires, le cloud public est le plus adapté. Pour des applications très sécurisés et nécessitant beaucoup de performances, le cloud privé semble plus indiqué. Avoir un cloud hybride permet d'avoir un environnement adapté à chaque type d'application.


Le cloud hybride rassure
Le cloud hybride est la plate-forme qui va dominer l'industrie de demain, explique Vikrant Karnik, directeur des ventes chez Capgemini, qui supervise les opérations de conseil pour l'intégration de systèmes dans le cloud. Avec les grands comptes il travaille sur la planification et l'exécution des stratégies de cloud computing. Il assure d'ailleurs que la plupart des grandes sociétés financières et pharmaceutiques  sont, par exemple, peu enclines à virtualiser l'ensemble de leurs opérations informatiques dans le cloud public.


Les plus grandes entreprises, qui par extensions ont les plus gros budgets informatiques, utilisent le clouds publics avec parcimonie, pour tester et développer des solutions de sauvegarde et de récupération. Elles ont déjà lourdement investi dans des installations privées pour supporter leurs opérations et ne vont pas les abandonner. C'est aussi pour ça que le marché va être hybride, explique Vikrant Karnik. Si ces entreprises utilisent des clouds publics, c'est uniquement dans le cadre de clouds hybrides.


Il est donc important d'avoir une plate-forme cohérente entre cloud public et privé et d'avoir ce tout en un chez un même fournisseur. Aujourd'hui, les grandes entreprises utilisent déjà des environnements mixtes. Leur DSI ont en revanche recours à des dizaines de fournisseurs différents dont les offres et les solutions ne sont pas forcément normalisées.


Le cloud hybride est donc à venir et dans de nombreux cas, il est déjà là. En 2013, les fournisseurs ont affiné leur stratégie, en 2014, les clients vont commencer à les utiliser.

Article de Brandon Butler, IDG NS (adaptation Oscar Barthe)

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-cloud-hybride-fera-sa-percee-en-2014-56146.html

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